Imaginez un agent de microfinance qui colle dans une intelligence artificielle (IA) la fiche complète d’un client. Revenus, numéro de compte, historique de crédit, tout y est. L’outil répond en quelques secondes. Mais une question reste sans réponse : que devient cette information une fois envoyée ? Est-elle conservée ? Relue par quelqu’un ? Réutilisée ailleurs ?
Le même scénario se joue à l’hôpital, à la préfecture ou à l’université, avec un dossier patient, une copie d’étudiant ou un bulletin de salaire. Cet article vous aide à poser les bonnes questions avant d’utiliser une IA au travail, même si le numérique n’est pas votre métier.
C’est quoi, concrètement ?
Vérifier qu’une IA protège vos données, c’est s’assurer que ce que vous lui confiez ne sera pas utilisé, stocké ou partagé au-delà de ce que vous avez accepté. Contrairement à un logiciel installé sur votre poste, une IA en ligne traite souvent vos textes sur des serveurs distants, parfois à l’étranger, et peut garder une trace de vos échanges. Avant d’envoyer un fichier sensible (liste de clients, salaires, dossier médical, copies d’étudiants), posez-vous quatre questions simples : qui y accède, combien de temps c’est conservé, si les données peuvent quitter le pays, et si elles servent à entraîner l’outil. Pas besoin d’être informaticien pour faire ça bien.
Cas concret : que faire et que ne pas faire
Les questions à se poser avant d’agir
Ces données permettent-elles d’identifier une personne (nom, téléphone, photo, matricule, compte, note, dossier médical) ?
Ai-je vraiment besoin d’envoyer ces informations à l’IA, ou puis-je les anonymiser ?
Le fournisseur indique-t-il clairement si mes données servent à améliorer son outil ?
Combien de temps les données sont-elles conservées ? Peut-on demander leur suppression ?
Qui peut y accéder (fournisseur, sous-traitants, administrateurs internes, autres utilisateurs) ?
Où les données sont-elles stockées ou transférées ?
Mon organisation et la loi applicable autorisent-elles cet usage ?