Hexagon rachète Rocscience : la géotechnique sous données
Hexagon veut acquérir Rocscience pour relier capteurs de terrain et modèles géotechniques. Un virage utile, mais sensible pour les chantiers africains. Le 9 octobre 2026, Hexagon a annoncé avoir signé un accord pour acquérir Rocscience, éditeur canadien de logiciels de modélisation géotechnique, pour une valeur d’entreprise de 535 millions de dollars américains (USD). La nouveauté tient au rapprochement annoncé entre des capteurs qui…
La Rédaction de La Revue UNIVGA ·
Le 9 octobre 2026, Hexagon a annoncé avoir signé un accord pour acquérir Rocscience, éditeur canadien de logiciels de modélisation géotechnique, pour une valeur d’entreprise de 535 millions de dollars américains (USD). La nouveauté tient au rapprochement annoncé entre des capteurs qui surveillent le terrain et des logiciels qui simulent le comportement des sols, pentes, tunnels, barrages ou fondations.
Pour le bâtiment et travaux publics (BTP), l’enjeu dépasse la transaction financière. Quand le sol d’un chantier devient une source de données en continu, les décisions de sécurité ne reposent plus seulement sur un rapport ponctuel. À Libreville, un conducteur de travaux sur une route en zone humide devra savoir qui comprend, valide et assume les alertes.
Dans un projet de génie civil, le sol n’est jamais un simple support. Il peut se tasser, glisser, se fissurer ou réagir aux pluies. Jusqu’ici, beaucoup de décisions s’appuyaient sur des études géotechniques réalisées à des moments précis, puis sur l’observation des équipes. L’annonce d’Hexagon vise à connecter les mesures réelles du terrain, par exemple des capteurs ou radars, avec des modèles de calcul capables d’anticiper l’évolution d’un risque.
Ce n’est pas un test produit, mais un accord d’acquisition signé. Le communiqué d’Hexagon indique aussi que Rocscience réalise plus de 80 % de son chiffre d’affaires sous forme de revenu récurrent annuel (ARR, pour Annual Recurring Revenue) et que ses logiciels seraient utilisés dans environ 125 pays. Ces chiffres viennent de l’entreprise et ne constituent pas une vérification indépendante.
Cas concret : que faire et que ne pas faire
Les questions à se poser avant d’agir
Quand une alerte issue d’un modèle conduit à arrêter, modifier ou poursuivre un chantier, qui porte la responsabilité professionnelle et juridique ?
Les données de terrain utilisées par l’outil sont-elles fiables, datées, géolocalisées et validées par un professionnel ?
Le contrat précise-t-il où les données sont stockées, qui y accède et comment elles peuvent être exportées ?
Les équipes distinguent-elles une mesure réelle, une prédiction et une hypothèse d’ingénierie ?
Que se passe-t-il si la connexion internet du chantier est instable ou coupée pendant une phase critique ?
Le maître d’ouvrage accepte-t-il clairement l’usage de modèles numériques dans les décisions de sécurité ?
Les règles nationales de protection des données et de confidentialité des projets publics sont-elles intégrées dès l’achat ?
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